L'ignorant
</O:P>Plus je vieillis et plus je croîs
en ignorance,
plus j'ai vécu, moins je possède et
moins je règne. <?XML:NAMESPACE PREFIX = O /><O:P></O:P>Tout ce que j'ai, c'est un espace tour à
tour
enneigé ou brillant, mais jamais habité.
Où est le donateur, le guide, le
gardien ?
<O:P></O:P>Je me tiens dans ma chambre etd'abord je me tais
<O:P></O:P>(le silence entre en serviteur mettre unpeu d'ordre),
<O:P></O:P>et j'attends qu'un à un les mensongess'écartent :
<O:P></O:P>que reste-t-il ? que reste-t-il à cemourant
qui l'empêche si bien de mourir ? Quelle force
<O:P></O:P>le fait encor parler entre ses quatre murs ? <O:P></O:P>Pourrais-je le savoir, moi l'ignare et l'inquiet ? <O:P></O:P>Mais je l'entends vraiment qui parle, et sa parole <O:P></O:P>pénètre avec le jour, encore que bien vague : <O:P></O:P>« Comme le feu, l'amour n'établit sa clarté <O:P></O:P>que sur la faute et la beauté des bois
en cendres... »
Publié chez Gallimard en 1957<O:P> </O:P><O:P>